Pourquoi choisir de consommer éthique ?

lundi, juillet 1, 2019

Fast fashion VS Slow fashion

L’histoire du prêt-à-porter et son évolution

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale une augmentation de la consommation des ménages apparaît, celle-ci s’explique par l’évolution des revenus et du pouvoir d’achat des consommateurs. Cette frénésie d’achat est également accentuée par l’activité professionnelle des femmes qui se développe, les progrès techniques ainsi que l’urbanisation, ces phénomènes ont conduit les consommateurs vers un nouveau mode de consommation, désormais le vêtement joue un rôle important dans leur vie.

Suite à cette nouvelle demande, les entreprises textiles se développent et tentent de produire davantage, néanmoins le prix de la main d’œuvre pèse de plus en plus lourd dans la masse salariale, on assiste donc au phénomène de délocalisation.

Les nombreuses délocalisations des entreprises vers l’étranger ont permis la multiplication de l’offre pour les consommateurs, avec plus de choix et à des prix attractifs. Ce phénomène s’est développé avec la levée des barrières douanières en 2005, autrefois il y avait un système de quotas, son principe était de fixer un niveau maximum en termes de quantité de produits à importer dans un pays donné. La fin des quotas a donc accéléré l’importation de masse des produits à bas coût de main-d’œuvre et permis le développement de la Fast Fashion.

Le phénomène de la Fast Fashion

Aujourd’hui, la mode dite « conventionnelle », celle que l’on connait tous est celle des grandes enseignes désormais rattachées au mouvement de la « fast-fashion », avec des collections renouvelées régulièrement. Une enseigne traditionnelle se compose de deux collections par an (printemps-été, Automne-Hiver), celles issues de la fast fashion en proposent environs quarante par an, soit une production d’environ cent-trente milliards de vêtements dans le monde chaque année.Il y a donc toujours plus de choix en magasin et à des prix toujours plus bas, un phénomène très attractif pour les consommateurs, influencés à renouveler leur garde-robe régulièrement. La fast fashion a pour intérêt de reproduire les collections vues sur les défilés en les rendant accessibles au grand public de par leur prix. L’acte d’achat est donc de plus en plus fréquent, on achète plus, mais la qualité ne suit pas, on jette donc pour acheter de nouveau. On peut qualifier la fast fashion comme une mode « jetable » avec un cycle de vie des produits nettement réduit.

Une mode toujours plus rapide

La fast fashion cache de nombreux effets pervers, on peut distinguer deux grandes conséquences néfastes apparues avec ce mouvement : des conséquences environnementales et des conséquences sociales.

Tout d’abord, il faut savoir que l’industrie du textile occupe la deuxième place du podium des industries les plus polluantes au monde juste derrière le pétrole. Entre 2000 et 2018, la production mondiale de vêtements a presque triplé, en passant de 50 milliards de pièces à 140 milliards, les conséquences de cette augmentation de production sont dramatiques pour notre environnement, la moitié des impacts environnementaux sont causés par la production textile.

Le transport entre le lieu où est cultivé la matière première jusqu’à la commercialisation a un impact important pour notre planète, la création d’un jean équivaut à 65 000 kilomètres, toutes étapes comprises, soit l’équivalent de 1,5 fois le tour de la Terre.

Autres inconvénients liés à la production : l’utilisation importante d’eau, 79 milliards de mètres cubes sont employés pour la fabrication textile chaque année. La culture du coton est la plus gourmande en eau, alors qu’il est le plus souvent cultivé dans des zones géographiques où la population est en pénurie d’eau potable. Un tee-shirt en coton consomme 2 700 litres d’eau soit la consommation d’un individu en trois ans, pour un jean, 11 000 litres d’eau sont nécessaires, soit l’équivalent de 285 douches.

Lors de la teinture des fils et tissus, les eaux usées sont généralement déversées directement dans la nature ce qui provoque la présence de métaux lourds dans les eaux. On estime qu’au Bangladesh, la présence de métaux lourds dans les eaux est cinquante fois supérieure à la moyenne. Ces pollutions ont des répercutions sanitaires sur les habitants de ces pays mais également sur les milieux aquatiques qui sont asphyxiés par ces substances.

Les entreprises délocalisent leur production à l’étranger pour bénéficier d’une main d’œuvre attractive. Au Bangladesh, le salaire mensuel est de 30 euros, le pays souhaite rester compétitif et produit toujours plus à des coûts plus faibles, ces facteurs entraînent le non-respect des droits sociaux. Cette réalité est apparue dans les médias avec l’effondrement du Rana Plaza, le 24 Avril 2013 à Dacca, capitale du Bangladesh. C’est une affaire sensible pour les marques internationales qui confectionnent leurs vêtements dans cette usine, suite à cet accident la population a pris conscience de l’insécurité omniprésente dans leurs usines, ainsi que les conséquences que cela engendre sur les salariés. C’est l’effondrement le plus meurtrier de l’histoire de l’industrie du textile avec plus de 1200 morts et plus d’un millier de blessés.

En opposition au phénomène de la fast-fashion, nous voyons apparaître un contre mouvement : la slow-fashion qui encourage la mode éthique avec une consommation plus raisonnée et engagée aussi bien environnementalement que socialement.

Qu’est-ce que la mode éthique ?

Une marque éthique se caractérise par l’utilisation de matières premières biologiques, recyclées ou issues du commerce équitable. (Voir article zoom sur les matières). Elle peut également collaborer avec des coopératives étrangères en vue d’améliorer les conditions de vie des habitants. Une marque dite éthique se doit de garantir le respect des conditions de travail imposées selon les normes de l’OIT : respect des droits de l’homme, liberté syndicale, pas de discrimination raciale ou sexuelle, interdiction de faire travailler des enfants et obligation de respecter les normes d’hygiènes et de sécurité.

L’engagement est également au niveau environnemental, la marque doit mettre en place des actions en faveur du respect de l’environnement. Différentes actions sont possibles, comme le fait d’utiliser du coton biologique, il permet de limiter la consommation en eau car le coton biologique est 91% moins gourmand que le coton conventionnel. C’est aussi une bonne alternative pour limiter les émissions de CO2, le coton bio en rejette 46% de moins que le coton conventionnel, de plus, un tee-shirt en coton contient environs 165g de pesticides et d’engrais contre 0% pour le coton bio.

L’apparition de la mode éthique

A la fin des années 90, une prise de conscience de la part des consommateurs apparaît suite aux dégâts de la mondialisation, on assiste donc à l’arrivée de quelques vêtements et accessoires éthiques en fibres naturelles. Cependant, à cette époque, ces produits s’adressent à un cercle restreint de militants et ne s’adaptent pas au grand public. La mode éthique a dû faire face à de nombreux préjugés auxquelles elle était confrontée, cataloguée bien souvent comme une mode sans style. Les marques éthiques ont donc dicté leurs nouveaux codes de tendances afin de s’imposer dans ce milieu très concurrentiel.

Les créateurs de mode éthique choisissent les dimensions et engagements qu’ils souhaitent mettre en œuvre, certains ont choisi de travailler au cœur des filières, comme les fondateurs de Veja partis à la rencontre des Seringueiros au cœur de la forêt amazonienne à la recherche de caoutchouc sauvage. D’autres ont choisi pour projet, l’utilisation de matières recyclées à partir des déchets issus des océans comme la marque Ecoalf.

Les marques responsables ont développé des critères importants pour se différencier de la mode ordinaire, la plupart des marques éthiques ne réalisent pas de publicité, cela leur permet de pouvoir s’aligner face à la concurrence car elles n’ont pas ou très peu de budget de communication. Au lieu de suivre les tendances des collections aperçues sur les défilés, ces entreprises pionnières engagées misent sur un design qui traverse les modes, un basique au style intemporel qui, grâce à sa qualité supérieure, résistera et s’imposera dans nos garde-robes. Autre aspect à prendre en compte, la santé des consommateurs grâce à la suppression des produits chimiques en contact direct avec la peau par exemple.

Les stratégies des marques éthiques ont permis d’inventer un style qui leur est propre où la simplicité et le minimalisme sont au cœur des collections.

La mode éthique encourage les marques à jouer sur la transparence envers leurs clients en divulguant le lieu de fabrication, le processus de fabrication, les marges réalisées, les matières utilisées…

Acheter des marques éthiques permet donc de minimiser les impacts écologiques et limiter l’exploitation de ceux qui produisent les vêtements. C’est une mode qui répond à toutes les questions que le consommateur est en mesure de se poser : Qui a fabriqué mon vêtement ? Dans quelles conditions ? Où a-t-il été produit ? Quels sont ses composants ?

 

Depuis 10 ans nous avons fait le choix de nous tourner vers la mode éthique, nous sommes ravis de constater aujourd’hui que vous êtes de plus en plus nombreux à vous joindre au projet et à partager nos valeurs. Chez Neiwa le style du produit joue un rôle important dans notre sélection, autant que le respect des engagements sociaux et environnementaux, nos marques sont donc choisies minutieusement pour correspondre à nos valeurs d’origine.

RESPONSIBLE IS BEAUTIFUL !